Vous, sur internet, vous vous divertissez, vous vous informez, vous vous indignez. Moi, je drague.

C'est bourré de sites pour ça.

Mais la drague en vrai, c'est pas mal non plus.

Par exemple, la nana que je viens de laisser, à l'instant, dans mon lit, pour vous écrire (il est une heure du mat quand je commence ce billet), épuisé elle m'a laissé ! Épuisé !

Elle par contre, en pleine forme, la garce ! Mais on dirait un mec : à peine en avions-nous fini, qu'elle s'est retournée et s'est endormie dis donc !

(Où est-ce que j’ai déconné ? Bon Dieu ! Où est-ce que j’ai déconné ?)

Cette nana, je ne l'ai pas connue sur le Net mais dans une soirée chez des copains. Rigolote, nymphomane et néanmoins charmante.

Lorsque je me suis levé pour rentrer elle s’est levé presque en même temps et on est descendus ensemble (les copains habitent au premier étage).

Dans la rue, au moment de se séparer, elle me demande si j’habite loin.

Un peu surpris je lui réponds : « Ben... Non...

- C'est par où ?

- Par là.

- Je t'accompagne ? »

Là je suis interloqué : une nana qui veut m'accompagner ! D’habitude elles m’éconduisent...

Espérant une conclusion heureuse, ma poutre devient peu à peu apparente...

(je n'ai pas de poutre. C'est juste un vieux sujet de plaisanterie avec mon voisin le marchand de poisson lorsque nous devisons sur la mode vestimentaire des années fin 70/début 80, et notamment sur les pantalons masculins, taillés pour faire du moindre fétu de paille une pièce maîtresse de bon aloi).

Je prends donc la posture poutre apparente (au cas où... mais, en écrivant ces lignes, je m’aperçois que l’affaire était déjà entendue) et mate ses seins. Ah ses seins ! SES SEINS ! Comme ceux de la fille de la compta dis-donc (celle du troisième) !

« - Ben... Euh... C’est à dire que... »

(Recevoir ? Je fais mentalement un rapide check-up sur l'état de l'appart : j’ai pas fait la vaisselle depuis deux jours, le frigo est vide que c’en est une cata : l’argent ne rentre pas - je suis au régime riz-œufs, œufs-riz, parfois même pâtes-œufs depuis trois semaines - il n’y a plus de pinard, même pas passé l’aspirateur alors que Toupie, ma chatte angora, a oublié que c'est l'hiver et continue d'essaimer ses touffes de poils partout... Ah bon Dieu ! Et il faut que je reçoive...)

« - Tu m’offres le dernier verre ? »

(Le premier et le dernier oui ! Quand elle va voir l’appart et l’état du bonhomme paniqué à l’idée de recevoir dans un pareil taudis ! On devrait se surveiller nous autres célibataires, on devrait se surveiller !)

« - Ben... Si tu veux... Mais... C’est un peu aride chez moi en ce moment... Pas eu le temps de faire les courses et... »

(Des prétextes ! Toujours des prétextes !)

« - Ce n’est pas grave. Tu as bien une bouteille de vin ? »

(Aïe aïe aïe !)

« - Et... Euh... Pas eu le temps non plus de faire le ména... »

Là, en marchant, on arrive à sa voiture. Coup d’œil à l’intérieur : un bordel pas possible. Bon ! Ben la question du ménage, pas la peine de s’en faire ! Je pourrai toujours lui parler de sa voiture.

Arrivés chez moi je réalise que mon instrument de torture (pompeusement baptisé banc de musculation) est bien visible à côté de la mezzanine... Quand elle verra mon bide rebondi et mes bras fluets (non, les bras, elle a déjà vu) elle va me prendre pour un blaireau... mais alors un blaireau... (on ne devrait exposer ce genre d'instrument qu'après deux ans d'utilisation intensive, sinon, bonjour les commentaires).

Je transpire à grosses gouttes, tout est réuni pour un fiasco mémorable.

Arrivés au salon je dégage précipitamment deux ans de "Monde Diplomatique" qui s’entassent en désordre sur le canapé. Je les pose...

Zut ! Où est-ce que je les pose ? C’est encombré partout. Ah ! Là !

Mince ! Posés trop brutalement ! Déplacé trop d'air... Les poils de Toupie virevoltent dans la pièce pendant... bien trop longtemps...

Elle s’assoit, poliment, sur le rebord du canapé (là où étaient les Diplo. Il n'y avait pas de poils de chatte sous les Diplo). Elle pose son sac... Non ! J'ai parlé trop vite ! Elle ne sait pas où poser son sac tellement il y a de bordel.

(Aïe aïe aïe ! C'est terrible : il y a trop de bordel et je tombe sur une nana qui ne sait pas quoi faire de son sac, quelle gourde !)

« - Tu veux... tu veux... (qu’est-ce que je pourrais lui proposer ? Mon regard se porte sur la table (pas débarrassée) : une bouteille de Madiran ! Et il en reste ! Merci Disparates ! Tu n’as pas tout bu !) Tu veux du Madiran ? »

- Tu n’as pas moins corsé ? »

(Difficile en plus !)

« - Ben... Euh... Non..., Les courses, tout ça...

- Va pour le Madiran. »

Ouf !

(Elle me désire tant pour supporter le Madiran ?)

Après quelques instants, qu'elle consacre à une exploration visuelle de la pièce, et en silence - c’est atroce ce silence, ces lèvres trop bien fermées :

« - Tu n’aurais pas des cacahuètes ou quelque chose comme ça ? C’est bien des cacahuètes, avec du vin. »

Cramoisi je suis ! Cramoisi ! NON JE N’AI MÊME PAS DE CACAHUÈTES !

(Seigneur ! Qu’elle me demande où se trouve la salle de bain et qu’on en finisse !)

« - Tu me fais visiter ? »

Ouf !


Bon ben le reste, hein ! Ça s’est passé comme pour beaucoup de couples le samedi soir.

Et...

J’entends un bruit...

Attendez, je vais voir...

Isabelle ? Tu es réveillée ?

(La garce ! Elle faisait semblant de dormir pour :

  • observer mon comportement (réponse A),
  • oublier que ce n'était pas terrible et ne pas supporter d'autres assauts (rép. B),
  • elle ne sait pas qu'en général je m'endors dans la foulée (rép. C)).

« - Ce que je fais devant l’ordinateur ? Ben... j’écris quoi ! »

(Au lieu d'être devant l'ordi, j'aurais dû :

  • la satisfaire (réponse A),
  • la caresser tendrement après. Quel imbécile! Mais bon sang quel imbécile ! (rép. B),
  • m'endormir calmement (rép. C). Ça valait mieux que raconter ma soirée sur internet, pervers que je suis).

« - Que je te montre ? Écoute... non... ce sont des nouvelles que j’écris et ... et tant que ce n’est pas fini je... »

(Quel menteur ! Mais quel menteur !)

« - Oui oui, j’écris parfois...

- Mais non ! Ne lis pas ! »

(Aïe aïe aïe !)

« - Quoi "la salle de bains et qu’on en finisse" ?

- Mais non ! Ce n’est pas ce que tu crois !

- Quoi "connard" ?

- Aïe ! Attends ! Mais attends ! Non ! Non ! Pas les lunettes ! »


Et voilà. Elle est partie. J’ai même dû l’accompagner pour ouvrir la porte de l’immeuble...

(Valait mieux, des fois qu'elle ne puisse pas sortir et qu'elle ameute la copropriété)

Enfin, à toute chose malheur est bon, j’aurai encore mon lit pour moi tout seul ce soir... J’y ai tellement pris goût depuis trois ans.

Disparates

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